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RDC : dans l’Univers de Bob Elvis, ce rappeur engagé dans l’éveil patriotique

Bob Elvis

Bob Elvis est l’un des rares jeunes rappeurs qui font pression aux autorités congolaises. De Joseph Kabila à Félix Tshisekedi, dans ses tubes, cet artiste dénonce tous les abus du pouvoir. Une orientation qui fait de lui l’une des références dans l’engagement patriotique en République Démocratique du Congo (RDC).

A Kinshasa, on l’appelle « Vrai Patriote », alors que dans les coins les plus reculés du pays, le public l’a surnommé « Le vrai soldat du peuple ». Ce rapprochement entre le jeune rappeur et les mélomanes n’est pas le fruit du hasard. C’est, en effet, l’un des signes qui traduisent l’importance que le public accorde à sa lutte. Mais pas que. C’est aussi l’un des symboles d’un engagement patriotique réussi. D’ailleurs, quand Bob Elvis parle de lui, il utilise l’hyperbole pour mieux se définir. « Je suis un artiste militant qui a un sens élevé de la nation et du patriotisme, bref un artiste avec une mission patriotique », indique-t-Il.

Un parcours jonché de réussite mais…

En effet, les amoureux de la bonne musique n’ont pas besoin d’un moment de réflexion ou d’analyse pour mieux comprendre les messages que le jeune rappeur fait passer dans ses chansons, qui, contre toute attente, fâchent souvent les autorités congolaises. « On veut la paix », « Quitte le pouvoir », « 8 millions de morts », « Dégage », « Hommage à Rossy Mukendi »… D’un côté, tous les tubes du jeune rappeur véhiculent le message du patriotisme, de la paix; de l’autre côté, ils se présentent comme l’expression du ras-le-bol d’un artiste face à la pauvreté, aux violences sexuelles, et au manque du sens de responsabilité des gouvernants.

Ainsi, avec un capital de 20 ans de carrière en tant que rappeur, Bob Elvis a tout connu dans cet art. Le meilleur, avec le sacre, en 2015, de son premier album en tant que meilleur album Rap Congolais et une tournée aux festivals en Asie et en Europe.« Mon premier album était sacré Meilleur Album Rap Congolais 2015 et il m’a permis de tourner dans les festivals en Asie et en Europe.Toujours grâce à cet opus, mon single « 8 millions de morts » avait fait l’objet d’un travail de fin d’étude à l’Université, ce qui est une première pour un rappeur congolais », a-t-il confié à Afrik.com. Il a connu aussi le pire, avec sa disparition, pendant trois jours après la sortie, en 2018, de son album « Anti-médiocre ». Une œuvre qui s’est présentée comme une provocation pour le camp Kabila.

Ils nous oublient carrément, alors tant mieux nous assumer et parler pour nous-mêmes

Contrairement à bon nombre d’artistes congolais, Bob Elvis est fasciné par les sujets à caractère social. L’injustice sociale, la démagogie, les violences sexuelles, la lutte contre la révision de la Constitution… Bref, ce jeune rappeur s’illustre dans l’art engagé. Un choix motivé par les atrocités dont il a été témoin, durant son enfance. « Je pense que c’est dû à toutes ces guerres et tragédies que j’ai vécues, à l’Est, précisément à Kisangani, durant mon enfance », se souvient-il.

En vrai observateur de l’évolution de la scène socio-politique de son pays, le jeune Bob Elvis s’appuie sur sa « vocation patriotique » pour faire pression aux dirigeants congolais. « Chaque fois que je vois des injustices sociales, des politiques qui promettent des choses qu’ils ne réalisent pas, la guerre, les conditions précaires dans lesquelles ce peuple meurtri vit en silence ; à ce moment-là, je n’arrive plus à me contenir, cela me pousse à chanter et à le dire tout haut », assène-t-il. Ajoutant : « Je pense aussi c’est dû au fait que les députés que nous élisons pour aller parler à notre place, une fois qu’ils sont élus, ils oublient de parler pour nous, ils nous oublient carrément. Alors, autant s’assumer et parler pour nous-mêmes. Et je crois qu’on le fait mieux ».

Par ailleurs, ce rappeur qui a été en première ligne dans les manifestations contre la tentative d’un troisième mandat de Joseph Kabila, en 2016, est loin d’être satisfait par la gouvernance de Félix Tshisekedi. « On est loin de sortir de l’auberge; tant que les politiciens ne pensent qu’à leurs propres intérêts, rien ne va marcher », note-t-il. Pour preuve, il a sorti récemment la chanson « Lettre à Fatshi », qu’Afrik.com aura à vous faire découvrir, dans ses prochains articles.

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