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 Fratrie « Kabila »: la société « Egal » broie du noir au Kongo Central… Devrait-on parler de temps des « vaches maigres »? 

Deux années après le changement intervenu au somment de l’Etat congolais, la société alimentaire « Egal » (Entreprise générale d’alimentation et de logistique), réputée appartenir à concurrence de 40% de son capital à la fratrie « Kabila » fait face à des « difficultés » qu’elle affronte dans ses activités agricoles dans l’ex-Bas Zaïre.

Qui l’aurait cru?

Il y a encore peu, le tout-Kinshasa-affairiste glosait sur les « privilèges » dont bénéficierait indûment cette entreprise privée.

Est-ce « l’effet IGF »?

Dans un communiqué daté du 29 décembre 2020, revêtu de la signature de son directeur-gérant Franck Tshibangu, l’Entreprise générale d’alimentation et de logistique (Egal) « informe ses partenaires et sa clientèle » qu’elle a décidé la cessation, dès jeudi 31 décembre, de ses « activités agricoles » dans la vallée de Kanga au Kongo Central.

Cette mesure touche, selon ledit communiqué, la production de l’huile de palme, de riz et de la viande de bœuf.

A en croire le directeur Tshibangu qui ne brille pas par la précision, « Egal » ferait face à de « nombreux blocages et difficultés » en matière notamment de pêche et d’importation.

Ce communiqué n’est pas sans rappeler le point de presse animé le 13 août dernier par l’Inspecteur général des finances, chef de service, Jules Alingete Key.

Ce dernier avait porté à la connaissance du public le rapport préliminaire des investigations multisectorielles menées depuis mi-juillet par des enquêteurs de l’IGF (Inspection générale des finances).

Au final, 1.300 cas d’exonérations frauduleuses furent décelés.

Le ministère public serait déjà saisi.

« Cette situation entraîne, chaque année, un manque à gagner de cinq milliards $ pour le Trésor public », déclarait Alingete en soulignant que « les exonérations et les compensations sont devenues les modes savamment conçus pour détourner les deniers publics ».

L’ALERTE DE JEAN-JACQUES LUMUMBA

A Kinshasa, c’est devenu un secret de Polichinelle d’affirmer que les produits importés par « Egal » sont – étaient? – exemptés des droits d’entrée.

C’est le cas des vivres frais: poissons, abats, bœuf, poulet.

Cette société s’approvisionne auprès des producteurs Pulvera, Wilky et Sabco.

« Egal vend parfois des produits avariés.

L’Office congolais de contrôle ferme généralement les yeux ».

Propos émanant des « mauvaises langues »?

Il semble bien que non.

« Un carton de poulet est vendu en Côte d’Ivoire à 10 $. Il en est de même en Angola et au Gabon, confie un négociant kinois. Le même carton de poulet est vendu à 45 $ en RDC ».

Egal fait un profit faramineux.

Selon des sources bien informées, la fratrie « Kabila » détiendrait 40% du capital de cette compagnie.

Quelques sujets libanais auraient 35% des parts.

Les 25% restant reviendraient à quelques hommes d’affaires proches du couple « Kabila ».

A en croire ces mêmes sources, Egal aurait racheté toutes les boulangeries industrielles de la capitale congolaise.

C’est Jean-Jacques Lumumba, ancien cadre à la BGFI Bank, qui a lancé l’alerte en révélant que la société Egal a été fondée le 29 novembre 2013 (voir Le Soir daté du 29-30 octobre 2016).

Et que la Banque centrale du Congo (BCC) avait transféré un montant total de 42,999 millions $ à la BGFI Bank avec pour communication: « Provision investissement ».

Lumumba est formel: Egal n’a jamais mentionné cet apport financier dans sa comptabilité.

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un détournement de l’argent public au profit de « Kabila » et sa fratrie.

L’épouse « Kabila » née Marie-Olive Lembe di Sita jouerait un rôle qui n’a rien à envier à celui d’une « marraine » au sens mafieux du terme. Elle serait – était? – la « protectrice » de plusieurs sociétés suspectées par le département du Trésor américain de se livrer au blanchiment ainsi qu’au financement du terrorisme.

C’est le cas notamment de « Mino Congo », « Congo Futur » et « Pain Victoire ».

DÉMANTELER L’EMPIRE FINANCIER DE LA FRATRIE « KABILA«

Arrivée, fin octobre 1996, sans un sous en poche – sous le couvert de la prétendue guerre de libération de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo – dans ce pays qui s’appelait encore Zaïre, « Joseph Kabila », qui est devenu président de la République le 26 janvier 2001, se trouve maintenant à la tête d’une immense fortune estimée à une vingtaine de milliards de dollars US (voir Richard Miniter, magazine Forbes 2014).

Au fil du temps, l’ex-Président congolais est devenu propriétaire de plusieurs « ranchs » à travers le pays: Kingakati (banlieue de Kinshasa) Kashamata et Kundelungu (Haut Katanga), Kabasha (Nord-Kivu), Ile de Mateba (Kongo Central).

On devrait ajouter la concession litigieuse de Mbobero (Sud-Kivu).

A Kinshasa, le successeur de Mzee s’est approprié la résidence officielle du Président du Conseil législatif (Assemblée nationale).

Cette bâtisse fut inaugurée au début des années 80 par le président Alfred Nzondomyo A Dokpe Lingo.

Qu’en est-il de la fratrie?

Après avoir détenu le monopole des « imprimés de valeur », Zoé « Kabila » – qui a été « élu » en 2019 gouverneur de la province de Tanganyika – s’est fait construire auparavant un luxueux complexe hôtelier au bord de la mer à Moanda, au Kongo Central.

La sœur Jaynet, elle, « sous-traite » les activités de la DGDA (Douanes & Accises) au poste frontalier de Kasumbalesa dans le Haut Katanga.

Deux sociétés lui servent de couvertures: Trafigo Sarl et Pacific Trading.

Le péage sur la route Kasumbalesa-Lubumbashi serait géré par un certain Simon Kong, de nationalité chinoise, pour le compte de « Zoé ». Quelle famille!

La société Egal n’a pas fini de broyer du noir.

On espère que les enquêteurs de l’IGF vont poursuivre leurs investigations jusqu’au démantèlement total de l’empire financier de cette « famille » dont l’enrichissement est proportionnel à l’appauvrissement de l’Etat congolais et sa population.

Par Baudouin Amba Wetshi ( B.A.W )

 

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